Le site

Ca fait quelques temps que je n’avais rien écrit, mais je réfléchissais à différents projets, je faisais des tests, …

Voilà un des nouveaux projets : une marque de vêtements.

Le site  : www.lesartistesaiment.com

Le projet en quelques mots : faire des vêtements avec (pour le moment) des photos que j’ai prises. 10% des bénéfices iront à Room to read, une ONG qui lutte contre l’illettrisme.

N’hésitez pas à mettre votre adresse mail afin d’avoir des nouvelles, des offres spéciales, & other good shit.

Brooklyn à Paris

En guise d’introduction, je vous invite à regarder cette vidéo :

“Brooklyn we go hard” vous faisait penser à Notorious B.I.G. Bientôt, cela vous fera penser aux Sweats “Brooklyn parle français” et aux T-shirts arborant des clichés de photographes.

BWGH est un label français qui cherche à mêler deux passions : si on cherchait une formule mathématique dans la modosphère française, on pourrait dire que “mode bobos + musique = Maison Kitsuné“, de même “mode + photo = BWGH”.

Je me suis intéressé à cette marque en raison de cette volonté de ne pas faire qu’une marque de vêtements mais de créer une véritable culture. Trop de marques partent d’une idée puis la laisse se distiller au fil des années et des collections en perdant au fur et à mesure cette idée originelle.


BWGH est jeune certes mais les différentes collections déjà proposées font état d’une certaine maturité et d’un horizon assumé de références diverses et variées.
Un univers qui aurait pour mots clés :

aperture,
multiculturalisme,
street,
un imaginaire autour de Brooklyn,
passion.

La marque est un collectif d’artistes; elle se définit en partie par cette idée d’ “art vivant porté” (du “art-wear” ?). Très dynamique, BWGH s’investit réellement en renversant une part du bénéfice sur chaque tshirt vendu aux artistes , elle organise des expositions, elle publie un magazine. Ce dernier n’est pas une vulgaire vitrine de la marque mais un travail minutieux d’écriture d’articles, de composition, de création de cet univers. Un peu à la manière du magazine d’ACNE.


En regardant BWGH, on perçoit clairement la passion de deux créateurs David Obadia et Nelson Hassan, deux jeunes agés de moins de 25 ans. Ici on fait attention aux vêtements et à ses détails (voir les broderies de Cornely), on ne produit pas une publicité promotionnelle, on écrit un film comme court-métrage où le story-telling a la part belle, le slogan “… parle français”, déjà un hymne où la référence linguistique est un étendard pour un environnement multiculturel.

BWGH est ce brassage tout à fait original entre street-wear accessible et vêtements high-end, entre Paris et Brooklyn, entre révérence au passé (voir la collection Ourouk et ses références à la culture mésopotamienne, ainsi que certains models utilisés lors de la dernière campagne F/W) et ancrage dans le présent, entre mainstream et indépendance, vendu à la fois au chicissime Le Bon Marché et à l’incontournable concept-store Colette.
Oui je mets un mot sur deux en english, pour faire genre, oui. Et j’assume.

BWGH réussit ce pari improbable : réunir dans un même vêtement le street-wear et quelque chose de plus chic. Une sorte de street-wear chic en mieux (je dis en mieux, car on connaît pleins de marques de street-wear qui essayent de faire plus chic mais qui n’y arrivent pas… je ne citerai personne). Bref, elle pourrait à la fois séduire les fans de hip-hop et les fashionistas qui cherchent à s’habiller casual ou avec les vêtements de leurs boyfriends.

Je pourrai continuer comme ça pendant encore quelques lignes et vous en dire plus, mais ça serait inutile : les vêtements parlent pour eux-mêmes.
Bon voilà, BWGH it’s dope. C’est pas un truc pour hipsters (pas que…), mais une marque de passionnés… c’est français, et c’est assez rare comme ça, donc n’hésitez plus : www.bwgh.fr

Agaçante pour certaines, ultra-sexy pour d’autres certains : Solweig en BWGH

(Toutes les photos sont copyright BWGH.)

La non-expo Comme des garçons à la Cité de la Mode

http://lesartistesaiment.files.wordpress.com/2012/08/img_0223.jpg?w=732&h=492

L’expo « Comme des Garçons » à la Cité de la Mode et du Design à Paris

Spécialiste du « jevaisvoirlesexpostroismoisaprès», je me suis rendu à l’expo double de Galliera « hors les murs » (le musée est toujours en rénovation) qui comprend donc une partie sur Balenciaga et l’autre sur Rei Kawakubo. Je ne m’attarderai pas sur Balenciaga, essentiellement de la haute-couture des années 50-60, des jolies pièces et toujours intéressants à voir néanmoins. Je me suis plutôt penché sur le cas Kawakubo, designer de l’emblématique Comme des Garçons et sur le titre évocateur « White Drama ».

En guise de verres protégeant les mannequins et les vêtements, l’ensemble des pièces se trouve sous des bulles en plastique, comme des bulles de savon. L’installation et la disposition sont signées Rei elle-même. Pas très pratique pour voir tous les détails (je crois d’ailleurs que la notion de praticité n’est pas une priorité pour la créatrice) et rajoutant un certain effet de flou par moments (rassurez vous on voit bien, j’exagère toujours pour avoir un truc à raconter), mais l’intérêt du dispositif pour moi se trouvait dans la façon dont elle a aménagé les pièces et leur dynamique pour conserver la dramaturgie du défilé. En effet ici aucun être humain, et cela se ressent, on se rend compte que le vêtement vit grâce au mouvement du corps et que sans cela, on perd une bonne partie de ce qu’il est. Je ne vous apprends rien, certes.

A vrai dire, dans cette expo on y perd et on gagne autre chose : lors du défilé, on avait une certaine temporalité qui s’ordonnait autour du déplacement des mannequins et de la musique, ici pas de musique, pas de mannequins, mais la possibilité de se déplacer autour de l’oeuvre et de s’interroger. Le défilé était un spectacle, l’exposition est presque une expérience. Rei ne s’est pas contentée de faire un show-room, elle a tenté de tirer de nouveaux avantages de ce nouveau challenge.

Les mannequins sont donc placés par thématiques (« cages à oiseaux », capes, fleurs, voiles …) qui reprennent l’ordre du défilé. La disposition des mannequins est toujours intéressante à noter pour pallier le manque de dynamique du mannequin figé. Finalement le visiteur recrée lui-même cette absence en se déplaçant dans l’espace. Le blanc se décline en blanc, écru, niveaux de gris, et les matières récurrentes sont le satin, la viscose, laines et divers cotons … il y a quelques imprimés, des fleurs, et beaucoup de chapeaux-casques qui rappellent des coquillages. Après avoir vu Balenciaga, on croyait parfois voir une version plus trash de la robe de bal. D’ailleurs ce qui fascine ici c’est l’impossibilité de savoir si le vêtement fait référence aux codes du passé ou cherche à accéder à une dimension futuriste.

Pour ma part, j’ai trouvé une certaine forme de mystique dans ces vêtements, une certaine gravité (notamment par les capes, les voiles, les fleurs), comme si le blanc et ses dérivés renvoyaient à une certaine virginité ou certains vêtements pouvaient à la fois rappeler la robe de mariée ou le linceul … ou les deux à la fois. Pour illustrer ce point, je vous invite à voir comment les bras et les mains sont traités dans les vêtements, ils sont souvent soit cachés (les manches oversize), soit attachés (comme ces fameux nœuds que l’on voit au tout début du défilé.

 

En conclusion, j’ai beaucoup aimé. Rei Kawakubo est une artiste, elle se fout de la mode, ici rien pour les fashionistas, et c’est tant mieux. Ici l’expo se lit comme une pièce de théâtre.

Stanley Kubrick le photographe

ImageImageImageImage

En guise de second poste : un partage. Un ami m’a montré ces photos il y a quelques semaines, il provienne d’un ouvrage consacré à Stanley Kubrick intitulé “Stanley Kubrick : Drama and shadows“. Ces photos datent de la période 1945-50. C’est simple, elles sont sublimes. Ma préférée c’est celle avec la femme vue de dos, robe à pois, classe absolue, New York, New York

Follow us on Twitter !

Pourquoi l’expo Louis Vuitton Marc Jacobs est nulle… (ou pas)

Je suis finalement allé voir l’exposition Louis Vuitton Marc Jacobs au Musée des Arts Décoratifs à Paris. Oui finalement, car bon, elle a débuté le 9 mars, là on est le 3 août… On va dire que ce post fait office de reminder pour certains, mais également de test d’écriture pour ce nouveau blog pour d’autres. D’aucuns diront que le titre controversé n’est là que pour attirer. Oui certes.

L’exposition se scinde en deux étages : le premier est consacré à Louis Vuitton et consiste en une rétrospective de ses premières créations. L’atmosphère est particulière, musique d’ambiance hypnotique, obscurité, et des… malles de voyage. Louis Vuitton avait misé sur l’essor des malles de voyage avant de devenir la marque de Luxe par excellence. Le voyage continue ainsi avec Marc Jacobs au deuxième étage, qui retrace les quinze années de la collaboration de la marque française avec le créateur new-yorkais au travers de quelques unes des pièces les plus emblématiques.
Que dire au final? Peu de pièces mais une mise en parallèle intéressante, l’accent est mis sur le déploiement de deux univers qui, sans se compléter, ni se distancier, se jouxtent pour créer un phénomène qui dépasse les seules dimensions de la mode mais en font un phénomène de société. Ce mélange de luxe, d’art contemporain, de mode, de non-conformisme, de french touch, de New-York, de hipness absolue.

Néanmoins on a souvent l’impression qu’il avait d’un côté… des malles et quelques documents issus du patrimoine Vuitton (notamment un fascinant carnet de commande d’époque)… et de l’autre quelques pièces de la collaboration récente (notamment le fameux murs avec tous les hit-bags), et qu’on a essayé d’en faire un hasardeux collage.

Oui ceci je pourrai le dire, et à n’en pas douter, plusieurs le pensent. Pourtant au sortir de cette expo on n’en vient à réfléchir aux différentes façons de mettre en relation ces deux univers, ces deux étages, ces deux… expos? De ce fait, cette rencontre entre LV -la marque- et MJ -le créateur- est loin d’être incohérente ou comme le titre de ce post l’indique, nulle, bien au contraire, elle invite à réfléchir, elle suggère, elle montre comment une marque devient autre chose et se transforme lorsqu’un directeur artistique prend les commandes des créations.

Pour ma part, et dans ce questionnement qui anime l’esprit de ce blog, voici quelques questions qu’on peut se poser : Est-ce que le fait que Marc Jacobs soit exposé dans un musée l’érige au statut d’artiste, appellation qui l’énerve plus que tout? Est-ce que cette rétrospective est un show-room de pièces de collection que les seuls les plus riches peuvent s’offrir comme objets de consommation ou est-ce le témoignage que plus que le terme “artiste”, Marc Jacobs est un créateur au sens premier du terme? A savoir qu’il crée ou re-crée à partir de quelque chose. Aujourd’hui à partir de l’héritage de Louis Vuitton, et demain, qui sait?

Conclusion : allez voir cette expo si ce n’est pas déjà fait, … même si elle est loin d’être nulle.

Le fameux sac vu dans le documentaire de Loïc Prigent sur Marc Jacobs
(Toutes les photos ont été prises par mes soins)